J comme je suis bloqué dans ma généalogie, c’est grave docteur ?

Mais non, mes enfants, du moins tout dépend de votre blocage ! En généalogie, nul blocage n’est a priori insoluble. Ou presque.

Allez, trois types de blocage pour vous, c’est cadeau !

  • Le blocage naturel

« Je suis remonté à l’an mil mais je suis maintenant bloqué »… hé, ho, vous ne croyiez pas pouvoir remonter à la Grèce antique quand même !

Le blocage naturel, c’est le blocage inhérent aux lacunes archivistiques. Ben oui, si vous n’avez plus d’archives à consulter, forcément, ça devient très compliqué. En général, il est relativement accessible – je généralise – de remonter jusqu’au XVIIe siècle, notamment avec les registres paroissiaux. Pour ma part, en Maurienne, je remonte jusqu’aux années 1600 et même jusqu’à la fin du XVIe siècle. Après, si ancêtres nobles vous avez – appelez-moi Yoda – vous pouvez espérer remonter plus loin. Toutefois, le généalogiste n’a pas forcément vocation à faire la course aux générations : si le blocage des lignées est une réalité, le blocage des recherches n’existe pas : vous aurez toujours quelque chose à chercher. Un contrat de mariage, un testament, un acte de vente… les ressources sont pour le coup tellement vastes et variées qu’on ne se sent – normalement – jamais véritablement bloqué dans ses recherches. Si tel est le cas, demandez conseil à un généalogiste professionnel par exemple, il pourra vous donner des pistes !

  • Le blocage subi

Ce que j’appelle blocage subi, c’est un blocage dans votre généalogie mais un blocage pour lequel il existe des solutions que vous ne pouvez pas mettre en pratique. Des archives qui ne sont pas numérisées et que vous localisez à 500 kilomètres de chez vous… J’imagine bien que vous n’allez pas poser un jour de repos pour faire l’aller-retour. Si ? Pour autant, le blocage n’en est pas vraiment un. Tournez-vous dans ce cas vers un généalogiste professionnel – encore, et oui ! -, vers une association de généalogie locale ou encore vers un forum d’entraide : en mandatant quelqu’un, vous pourrez avancer dans vos recherches, au moins dans les grandes lignes.

  • Le blocage insoluble

Voilà, oui, en effet, il existe un type de blocage dit insoluble mais avant de se sentir vaincu, assurez-vous d’avoir épuisé toutes les possibilités de recherche qui s’offraient à vous. La mémoire familiale retient qu’un de vos ancêtres s’est suicidé mais vous ne trouvez aucune preuve d’un tel acte : la presse locale ne dit pas mot sur la cause du décès, son registre matricule non plus, pas plus que l’acte de décès. Comment savoir ? Dans le cas présent, il est en effet difficile d’en avoir l’assurance. Des indices peuvent toutefois conforter – ou pas d’ailleurs – la mémoire familiale : « il se serait suicidé après avoir fait faillite et en clamant “mieux vaut la mort que le déshonneur” », bon, dans ce cas, cherchez une éventuelle déclaration de faillite parfois mentionnée dans la presse locale. Si vous vous apercevez que l’individu en question a fait faillite un mois avant de mourir par exemple, il y a des chances pour que la mémoire familiale restitue la véracité des faits. Mais restez prudent !

Il y a le cas aussi des enfants naturels : qui est le père ? N’est-ce pas frustrant de contempler un arbre avec un pan entier vide ? Mais la frustration fait parfois aussi partie de la vie du généalogiste. Là encore, selon l’époque où se trouve votre « enfant naturel », des possibilités s’offrent à vous : consulter un recensement de population permet parfois de cerner qui vivait avec la fille-mère avant la grossesse en question. Si elle est domestique dans une maison et que cinq ans plus tard, elle n’y est plus… vous tenez peut-être une piste. Si l’enfant naturel naît dans l’Ancien Régime, vous pourrez peut-être consulter une éventuelle déclaration de grossesse, c’est là l’archive idéale que vous pouvez trouver sur votre chemin. Si rien n’aboutit, il ne vous reste plus qu’à accepter le fait de ne pas savoir. Lorsqu’une ancêtre relativement proche de nous a été fille-mère, la mémoire familiale retient généralement son histoire et la transmet : là encore, attention aux mémoires forcément remodelées, qu’elles soient positives ou négatives. L’ultime blocage insoluble enfin, c’est le cas d’archives inexistantes parce que détruites. Mais même dans ce cas, il existe toujours une petite piste à explorer, si mince soit-elle. Si, si, cherchez un peu !

Pour conclure et surtout pour répondre à la question : ce n’est non seulement pas grave mais je dirais même que c’est parfois très stimulant : la généalogie n’est pas un long fleuve tranquille et heureusement, chaque histoire familiale est différente – La Palice je te kiffe – et apporte son lot de particularités, de difficultés et… de mystère-s !

Dernier conseil en la matière : n’hésitez jamais à revenir vers un blocage quelques mois voire quelques années après. N’hésitez jamais à reconsulter des archives que vous avez déjà parcourues : parfois, il n’est pas impossible de laisser passer un indice ou un détail pouvant débloquer toute une lignée !

Résignation n’est pas généalogie, [lâcher de micro, clap, clap, rideau !]

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2 commentaires

  1. Votre dernier conseil est extremement important: laisser en plan pour un moment et revenir a son probleme plus tard. Pour une de mes lignees j’avais un probleme de lecture, je n’arrivais pas a dechiffrer le lieu de naissance du “mariant”. Deux ans plus tard et avec beaucoup plus de pratique a lire de vieux actes, j’ai enfin reussi a lire le nom de cette paroisse et voila, debloquage! Vous ne m’avez pas entendue depuis chez vous quand c’est arrive?
    Bon week-end, Annick H.

    1. Vous avez raison Annick, la joie que procure le déblocage d’une branche après des mois d’attente est immense ! Ca peut en effet être un problème de lecture, mais aussi une piste qu’on ne voit pas : un témoin, une signature et même une mention marginale… Parfois ce qui m’aide aussi, c’est prendre un acte, et le décortiquer sur papier élément après élément. Souvent, de cette manière, je sais que j’ai passé en revue (normalement) tous les indices à ma disposition. Mais ne jamais rien prendre pour acquis en généalogie 🙂

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