Guérir de vos ancêtres ?

Illustration psychogénéalogie

La question interpelle, n’est-ce pas ? Levons de suite une quelconque ambiguité : je ne suis ni médecin, ni thérapeute.

Cela étant, cette formule est un clin d’oeil à Anne Ancelin Schützenberger et son best-seller Aïe, mes aïeux !, paru en 1993 et son livre, plus récent, Psychogénéalogie : guérir les blessures familiales et se retrouver soi, paru en 2007. Psychologue française, psychothérapeute et professeure émérite à l’Université de Nice, Schützenberger est sans doute une de ceux qui a le mieux contribué à l’émergence et au développement de la psychogénéalogie en France et dans le monde.

Mais qu’est-ce que la psychogénéalogie ?

Développée dans les années 1970, la psychogénéalogie, que l’on peut appeler aussi psychanalyse transgénérationnelle, émet le postulat suivant : aussi vrai que nous héritons génétiquement de nos parents et de nos ancêtres, nous recevons également un héritage émotionnel – positif et négatif – de nos ancêtres, héritage qui, parfois, a des répercussions sur notre vie, notre caractère, nos ressentis… et même sur nos maladies !

Nous sommes ainsi dans une démarche thérapeutique qui se doit d’être strictement encadrée par un professionnel de santé et notamment un psychologue et/ou psychothérapeute formé à cette approche. En effet, il existe, comme dans beaucoup d’autres domaines, des dérives dont il faut non seulement se méfier mais également se prémunir.

Dans les faits, il existe, au sein de la psychogénéalogie, différentes approches et méthodes, théorisées par des psychanalytes tels que Nicolas Abraham et Maria Torok (couple ayant théorisé le concept de fantômes familiaux notamment), Françoise Dolto, Didier Dumas, Serge Tisseron ou encore le psychiatre Ivan Boszormenyi-Nagy (qui a théorisé lui le concept de loyauté familiale invisible). Anne Ancelin Schützenberger, elle, a mis sur pied le génosociogramme – outil essentiel de la plupart des approches psychogénéalogiques, il consiste pour le patient à construire son arbre généalogique de mémoire en faisant appel à sa mémoire et aux liens affectifs réels ou supposés projetés sur sa famille – et le principe du syndrome d’anniversaire selon lequel des événements se produisent et se reproduisent au fil des générations à une date donnée.

À titre personnel, j’explore le monde la psychogénéalogie depuis quelques années et suis forcé de constater des rapports parfois troublants entre l’étude de ma généalogie et le présent, y compris concernant le syndrome d’anniversaire pour lequel, a priori, j’étais pour le moins sceptique. L’analyse transgénérationnelle intéresse également les généticiens et d’autres scientifiques qui ont montré très récemment, à travers plusieurs expériences, que des souris exposées à des situations de stress en rapport avec des odeurs données, transmettent à leur descendance cette crainte de ces odeurs. Ceci étant observé, les scientifiques ont alors injecté chez des souris « saines » une partie de l’ADN des souris exposées aux situations de stress, résultat : la descendance de ces souris présentent à leur tour cette crainte des odeurs.

Le but ici n’est par ailleurs pas de vous convaincre de quoique ce soit, simplement de vous offrir une introduction à la psychogénéalogie, laquelle est par ailleurs étudiée à l’Université puisque mon Diplôme Universitaire contenait des cours spécifiques relatifs à la psychogénéalogie.

Si cela vous intéresse et que vous souhaitez aller plus loin, il est possible que j’intervienne, dans le cadre d’une thérapie, afin de mener avec vous des recherches généalogiques et vous aider ainsi dans votre quête de sens. Le tout est évidemment à discuter avec votre psychologue et/ou psychothérapeute.

N’hésitez pas à me contacter pour plus d’informations.

Références bibliographiques citées

ABRAHAM, Nicolas, TOROK, Maria, L’écorce et le noyau, Flammarion, rééd. 2009, 480p.

MICHARD, Pierre, La thérapie contextuelle de Boszormenyi-Nagy, Une nouvelle figure de l’enfant dans le champ de la thérapie familiale, Editions De Boeck, 2005, 354p.

SCHÜTZENBERGER, Anne Ancelin, Aïe mes aïeux, Editions Desclée de Brouwer, 16e édition revue et augmentée, 2007, 268p.

SCHÜTZENBERGER, Anne Ancelin, Psychogénéalogie : guérir les blessures familiales et se retrouver soi, Payot, rééd. 2015, 304p.