Faire de la généalogie son métier

Voici bientôt trois mois que je me suis lancé dans l’aventure de l’autoentreprenariat, trois mois que je suis devenu généalogiste professionnel.

Le défi est à la hauteur de mes attentes, c’est-à-dire grand. Nous vivons en période de crise et la généalogie n’est certainement perçue comme une priorité. Pourtant, il me semble qu’elle répond à des préoccupations éminemment ancrées dans le présent : qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Ces questions existentielles qui résonnent avec des échos divers et variés selon nos propres trajectoires familiales. Tout le monde s’intéresse à la généalogie. Tout le monde n’est pas prêt à payer pour de la généalogie.

Être généalogiste professionnel, ce n’est pas faire payer quelqu’un pour qu’il connaisse ses ancêtres, son histoire, sa famille. Être généalogiste professionnel, c’est faire payer quelqu’un pour lui offrir un regard sur ses ancêtres, une écriture de son histoire familiale à travers le prisme d’une qualification historique. Je ne détiens aucune vérité mais ce qui m’intéresse c’est retracer des lignées familiales parfois très complexes et permettre à mon client de mieux appréhender son histoire. Mes services ne sont qu’une porte d’entrée finalement, pas une fin en soi. Je vous parle ici de ma vision de la généalogie, pas de ce qu’elle doit ou devrait être.

Le nerf de la guerre est en effet l’argent. Ce n’est pas un gros mot. J’ai une famille, comme vous. Et je souhaite la faire vivre grâce à mon métier, sûrement comme vous. Le coeur de mon défi réside justement ici : vivre de ma passion, et en vivre bien. Pour l’heure, vous êtes déjà une bonne poignée à m’avoir fait confiance et je vous en remercie. Chaque étude familiale que je mène m’apporte des connaissances nouvelles, un regard approfondi et la satisfaction d’avoir pu contribuer à vous faire mieux connaître vos racines. Mes clients justement, parlons-en : je ne souhaite sincèrement pas qu’ils s’additionnent comme peuvent s’additionner les devis et les factures. Une vraie relation s’installe de fait, imaginez, j’ai le privilège d’explorer le passé familial d’un individu et de lui restaurer une partie de sa mémoire oubliée et/ou non-transmise. Je ne prends pas du tout cela à la légère.

Souvent, derrière la volonté de connaître ses ancêtres, peut se cacher une souffrance, une problématique plus ou moins douloureuse et il me paraît important d’en parler. Comment réagir face à la découverte de secrets de famille en tant que généalogiste professionnel ? Je me pose régulièrement la question et cela m’est arrivé déjà deux fois depuis que je suis en activité. Pour l’heure, je considère qu’il est important d’en parler, de contextualiser, et aussi de poser la question directement : voulez-vous savoir ? Car s’il est vrai que je plaide pour le droit de savoir et de connaître son passé – quel qu’il soit – il est un droit tout aussi légitime, celui de ne pas vouloir savoir.

 

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