N comme niaisage, le passé c’est le passé, pourquoi chercher à le déterrer avec ta généalogie ?

Déjà, pourquoi je me mets à employer le québécois pour poser des questions ? Remarquez, ça me permet de souligner l’activité de tous les généalogistes francophones, au Canada mais pas que, qui enrichissent la communauté des généablogueurs. Vous ne vous y attendiez pas à cette dédicace, hein ? oui, je sais, je suis imprévisible.

Bon revenons à la question : le passé c’est le passé, certes. Et je parie même que le présent c’est le présent, et je m’aventurerais presque à affirmer que le futur c’est… ok, j’arrête. Mon grand-père pied-noir prononce souvent cette expression Li fet met – c’est mon pseudo sur Généanet, c’est fou les hasards de la vie – qui signifie « Le passé n’est plus. »

Ce que j’ai du mal à comprendre, c’est la juxtaposition entre le fait de s’intéresser au passé et le fait de renvoyer cet intérêt à un champ lexical morbide voir même relatif au spiritisme : déterrer le passé comme si on violait une tombe. Eh, moi je ne fais que de la généalogie. Mon but n’est ni de déterrer qui que ce soit, ni de foutre une pagaille dans la famille. Vous me direz, si vous avez un tempérament taquin, c’est toujours « amusant » de lancer un pavé dans la mare dans une réunion de famille : « vous saviez que le cousin Francis avait soutenu Vichy ? », non, ça ne se voit jamais ça, si ? Bon, avec ça, ne vous étonnez pas si plus personne ne vous parle au sein de votre cellule familiale. Non pas qu’il faille cacher ou taire des secrets de famille, non, pas du tout même, mais comme disait l’ami Brel, sur un autre sujet, « y’a la manière » (Fernand, non pas votre aïeul, c’est le titre de la chanson que je viens de citer).

Donc, la question que vous pouvez poser c’est, à quoi ça sert la généalogie ? Là, j’en conclus que vous vous foutez de moi, donc je vous renvoie au premier article du Challenge.

Plus sérieusement, ils sont nombreux celles et ceux qui considèrent qu’après tout, le passé c’est le passé, et qu’il ne faut jamais chercher à savoir. Mais cette attitude ne renvoie-t-elle pas à l’idée de l’arbre qui cache la forêt ? Pourquoi avoir une telle crainte de découvrir des choses gênantes ? Là, je vous renvoie à la lettre G, hop hop hop, on ne discute pas !

Puis faire de la généalogie, je parle en tout cas pour moi, ce n’est pas vouloir à tout prix découvrir des secrets de famille. Là, je reconnais qu’il y a un côté un peu morbide : chercher à tout prix des événements fâcheux, honteux ou pas très reluisants n’a pas de sens. Mais vous pensez vraiment qu’il y a beaucoup de généalogistes animés par cette motivation ? C’est une vraie question, pas une formule de rhétorique.

Tout ça pour dire que je ne veux rien déterrer du tout, je veux simplement comprendre celles et ceux qui ont contribué, de par leur vie, leurs caractères, leurs mystères aussi, à faire que je suis là aujourd’hui. Le passé reste le passé mais quand il vient éclairer le présent ou qu’il vous permet de mieux envisager le futur, le passé devient un atout majeur et profondément ancré dans l’instant t, toi le partisan du carpe diem. C’est exactement le même motif qui a fait que j’ai choisi des études d’histoire. Si vous ne connaissez pas votre passé, comment prétendre vivre correctement ? Imaginez un arbre dont les racines seraient le passé, le tronc son présent, et ses feuilles ou fruits son futur. Si vous coupez l’arbre à ses racines, du moins si vous déconnectez les racines du tronc et donc des branches, que se passe-t-il ? Allez, je vous laisse sur cette parole profonde emplie de poésie en vous invitant à revenir demain !

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2 commentaires

  1. Des histoires de famille, j’en ai comme tout le monde. Des légendes familiales, j’en ai quelques unes.
    Des tabous, j’en ai 2 ou 3. Je ne me permettrai pas de les mettre en ligne sur mon blog et de me gausser tout en attendant des commentaires…
    Mais je les connais, je les ai découverts, des portes se sont ouvertes en questionnant les bonnes personnes au bon moment, tout simplement. Pas de honte à avoir car, comme tu dis, le passé est le passé et on ne peut plus revenir dessus.
    Peut-être viendra un jour où je pourrai les raconter, sans blesser les personnes concernées ou leurs descendants ?…

    1. Ou pas ! Je crois que l’essentiel comme tu le dis est d’identifier les éventuelles problèmatiques et de les résoudre à son échelle. Tenir un blog n’a rien à voir là-dedans tu as raison 🙂

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