M comme mais qui est sur cette photo ? Quand généalogie rime avec frustration !

Quelle frustration plus grande que d’avoir sous les yeux des photos sans pouvoir, sans être capable de mettre un ou des noms sur le ou les visages que l’on voit ?

Tout généalogiste un jour est confronté à ce genre de situation. Il existe quand même des petits trucs, des petites astuces, pour deviner ou pour tenter de déchiffrer qui est sur la photo en question. Une tenue militaire par exemple peut vraiment vous mettre sur la piste de l’individu en question : son numéro de régiment, généralement sur le col de son uniforme, vous permettra déjà d’avoir un indice sérieux, sous réserve que vous épluchiez les registres matricules de vos ancêtres. Ensuite, le contexte et le lieu de la prise de photo, soit directement sur la photo, soit au verso, indiquant peut-être le nom d’un photographe et le lieu de son cabinet.

Parfois, s’il s’agit d’une photo de famille, regardez le nombre d’enfants, essayez de procéder par élimination et peut-être arriverez-vous à déduire qui se trouve sur la photo. Pour les femmes en revanche, malheureuses qu’elles sont encore une fois, c’est plus compliqué. Référez-vous aussi à des membres de votre famille ou de l’entourage proche de votre famille susceptibles de connaître l’identité des personnes inconnues que vous avez sous les yeux.

Sans rire, le déchiffrage de photos, ça peut être parfois du sport et beaucoup de boulot !

Pour vous, rien que pour vous, un exemple concret.

Etienne Brunet

Etienne Brunet (1834-1879)

Jacques Joseph Brunet

Jacques Joseph Brunet (1846-1891)

Quoi ? Encore les frères Brunet ? Yes, mon copain ! Bon, nous avons donc deux photos, du moins, la première est en réalité un ferrotype. La mémoire familiale retient bien qu’il s’agit là des deux frères Brunet, le premier, Etienne, devant être celui en tenue militaire, mais très rapidement, un doute m’est apparu. Grâce aux archives familiales, je sais que Joseph a servi dans les 11e Dragons entre 1866 et 1873. En recherchant sur Internet, j’ai pu me rendre compte que la tenue militaire correspond effectivement à celle que porte l’individu sur la photo. De plus, au verso, la mention du photographe : Eymin, exerçant à Vienne, en Isère. Or, au début des années 1870 et grâce à la presse en ligne, je sais que le 11e Dragons est en garnison dans cette ville après la guerre de 1870. Ainsi, j’en conclus que cette photo représente Jacques Joseph Brunet, certainement aux alentours de 1873 lorsqu’il termine son service. Par déduction, Etienne est donc l’autre. Pour la datation en revanche, cela est plus compliqué mais je m’aventure à dater ce ferrotype au début des années 1870. Vous le voyez ici, il y a eu confusion dans la mémoire familiale : c’est pourquoi, autant que faire se peut, il convient toujours de recouper les informations et de questionner systématiquement ce qui paraît ou ce qui est considéré comme évident !

Malgré tous les efforts possibles et imaginables, il est parfois difficile voire impossible de mettre des noms sur des visages. Là, pour le coup, la frustration est grande.

Sûrement une mère et sa fille, branche cousine de ma famille maternelle en Algérie.

Sûrement une mère et sa fille, branche cousine de ma famille maternelle en Algérie.

 

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3 commentaires

  1. J’ai failli mettre une photo (pour illustrer mon billet L) , car je suppose qu’il s’agit de mon personnage entouré de ses neveux. Mais en réfléchissant, j’ai évité la précipitation, pour ne pas affirmer quelque chose dont je ne suis pas sûre. J’échafaude plusieurs hypothèses et je crois que ce sera le sujet d’un prochain article.
    Bravo pour le tien !

    1. J’avoue que parfois le doute subsiste : pour l’exemple que je cite, ça a finalement été assez simple, il a fallu que je vérifie des éléments historiques pour en être sûr (tenue militaire notamment et ultime confirmation avec le nom du photographe derrière). Où il faut se méfier aussi parfois c’est sur les datations : on a parfois, à tort, l’impression qu’une photo est plus ancienne qu’une autre alors que pas du tout. Bref, comme tu le dis très justement, il faut prendre son temps, prendre le temps de réfléchir à plusieurs hypothèses et essayer de les confronter avec d’autres sources, historiques en particulier! Merci pour le commentaire 🙂

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