« Dis papa, elle est où maman ? » Cette question, s’il la redoutait, Ferdinand ne s’imaginait pas qu’elle aurait l’impact d’un coup de poignard dans le ventre. Il balbutie, lâche un sourire de circonstance et finit par lui répondre qu’elle est partie loin. « C’est où, loin ? » « Dans un pays d’où l’on ne revient pas. Dans le pays des anges, où l’on mange n’importe quand, où le soleil ne se couche jamais… Sois gentil, va jouer maintenant, j’ai du travail. » Il se promet qu’un jour il arrêtera de raconter la même histoire, qu’au fond lui-même espère être véridique. Elle lui manque. Terriblement. Veuf à vingt-huit ans, c’est en commençant la phrase de cette manière que les gens du village plaignent celui qui est cantonnier à Cacherou, petit village situé non loin de Palikao, en Algérie française. Pourquoi donc ne se remarie-t-il pas ? Car « la parole donnée n’a pas de prix », s’acharne-t-il à marteler aux quelques fous qui s’aventurent à lui poser la question.

Pierre Prosper Ferdinand Blanchard, l’un des premiers bébés européens – sinon le premier d’après la mémoire familiale – à avoir été inscrit sur les registres d’état civil de Palikao, sdans l’arrondissement de Mascara, en Oranie. Après son service, il avait sans doute fait la plus belle rencontre de sa vie : elle s’appelait Louise Gabrielle Poizat, Lyonnaise par son père, Suisse par sa mère… qui était devenue sa femme un jour de janvier 1901, à Oran. Tous les jours ou presque, il redéroule le fil de l’histoire ; les longues nuits d’été, les promesses éternelles et le destin tragique de cette amour perdue. Presqu’un an, jour pour jour, après leur mariage, naissait et mourrait leur premier enfant, Ferdinand Louis. Dans la foulée, deuxième grossesse. En octobre de la même année, la mort venait une nouvelle fois prendre un enfant sans vie. Un an après, le 9 octobre 1903, naissait Denis Ferdinand, son cher fils qui l’interroge ponctuellement sur l’endroit où se trouve sa mère. Enfin, la petite Marie-Louise, née le 7 octobre 1904. Quatre grossesses en trois ans… Et la dernière lui aura été fatale, c’est bien ce que se conclut Ferdinand à chaque fin du film passé dans sa tête.

 

Ferdinand et Louise, sans doute au début du XXe siècle. Coll. familiale. Tous droits réservés.

Et pourtant la vie continue, certes. Deux enfants à élever, qui plus est en bas âge, ce n’est pas évident, mais il se débrouille comme il peut. Des prostituées de Frenda gardent Denis la journée, braves femmes. Honneur et valeurs, c’est un peu dans cet esprit que Ferdinand souhaite transmettre ce qu’il est à sa progéniture. Derrière une photo-portrait, il inscrit « Voilà celui qui vous aime et qui vous aimera toujours ».

Ferdinand, photo-portrait derrière laquelle il est inscrit : « Voilà celui qui vous aime et qui vous aimera toujours ». Coll. familiale. Tous droits réservés.

Les années passent et Ferdinand finit par tomber amoureux d’une Espagnole, Maria Ramirez, avec qui il refusera de se marier, afin de tenir sa parole auprès de celle qui tiendra sa vie durant une place de choix dans son cœur. Ne pas se marier ne veut pas dire ne pas assumer : deux enfants naissent de cette seconde union, Mireille Suzanne et Sabine Andrée… Lesquelles meurent de la grippe espagnole juste après la Première Guerre mondiale. Bien vivants, eux, ses deux enfants Denis et Marie-Louise, construisent leur vie à l’image de celle de leur père, droite et intègre. « Ton père, s’il avait voulu, il aurait pu faire fortune à Palikao », se moque certains en s’adressant à Denis. Cantonnier de métier, Ferdinand avait en effet bon cœur mais avait surtout le souci de la dignité. Alors qu’un Arabe avait envers lui quelques dettes et que ce dernier lui avait proposé de lui donner des terres à défaut de pouvoir le payer tout de suite, il avait répondu « et avec quoi vas-tu nourrir ta famille ? Va, garde tes terres, le jour où tu pourras, tu me rembourseras ».

Des hommes comme lui, en Algérie coloniale, il y en avait sûrement d’autres, noyés dans un flot de profiteurs qui ont semé la mauvaise graine coloniale et se sont étonnés ensuite de récolter le fruit de la guerre. Je suis fier aujourd’hui de me savoir descendant de celui que j’aperçois, le dos courbé et les mains au sol, tentant de dégager une espèce de grosse pierre pour des travaux de chaussée. « Le roseau plie mais ne rompt pas », c’est la phrase qui me vient alors à l’esprit. D’un regard, il me foudroie soudain, comme si ma présence lui avait été révélée en un éclair. Le temps d’un instant, je me plais à penser que nous allons pouvoir échanger.

Un enfant me tire alors le bas de ma veste : « dis, papa, elle est où maman ? » Dans un sourire, je m’empresse de prendre mon fils dans les bras, comprenant alors que la scène n’avait été qu’une rêverie de plus et lui suggère de ne pas s’en faire. « Maman reviendra bientôt ».

 

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Tous les faits énoncés ci-dessus sont véridiques ou authentifiés dans la mémoire familiale. Pierre Prosper Ferdinand est né le 4 mai 1876 à Palikao. Ses parents, Ferdinand Etienne et Félicie Marie Madeleine Armand, sont partis de leurs Hautes-Alpes natales en 1874. Sa première femme, Louise Gabrielle, est née le 21 juillet 1877. Après son mariage le 12 janvier 1901, Louise tombe enceinte et donne naissance, le 9 janvier 1902 à un enfant qui mourra le jour même. Neuf mois plus tard, en octobre 1902, l’histoire est tristement la même. Puis, le 9 octobre 1903, vient au monde mon arrière-grand-père, Denis Ferdinand. Enfin, le 7 octobre 1904, naît Marie-Louise. Trois jours plus tard, Louise Gabrielle meurt : elle n’avait que 27 ans. Chef cantonnier à Cacherou puis à Palikao, Ferdinand , lui, meurt le 12 mars 1946, à Palikao.

Ferdinand lors de son engagement militaire, à la fin des années 1890. Coll. familiale. Tous droits réservés.

#RDVAncestral n°4 – Gabriel Poizat (1794-après 1851)

18 septembre 1834, Lyon. Place de l’Hôpital, dans le 2e arrondissement. Gabriel fête aujourd’hui son quarantième anniversaire. L’année fut mouvementée. La période est, de fait, mouvementée. D’innombrables murs lyonnais portent encore les stigmates de luttes ouvrières : des impacts de balle, des toits à ciel ouvert marqués par des incendies ayant contraint des familles entières à la fuite. Certains trottoirs se souviennent encore des flaques de sang. Les canuts ont tenté une révolution. Ces ouvriers de la soie dont Gabriel a fait partie pendant des années. Avec ses deux frères et ses deux sœurs, ils sont les premiers de la famille Poizat à être nés à Lyon. Son père, Jean Etienne, maître cordonnier, comme sa mère, Marguerite Champagnon, vivent à Charnay, au nord-ouest de la capitale rhodanienne.

J’aurai des centaines de questions à poser à mon ancêtre Gabriel. Je n’ai aucune idée de son apparence mais je l’imagine petit et menu. Fabricant d’étoffes de soie, c’est le métier qu’il a exercé pendant plus de quinze ans. Essentiellement au 8 de la rue Bourchanin, aujourd’hui rue Bellecordière, à quelques pas de l’Hôtel-Dieu. Marié en 1814 avec Marie Pierrette Guilloud, d’un père lui aussi maître cordonnier, le couple a certainement dû s’épuiser au travail, pour un maigre, très maigre salaire. Les conditions de travail et de vie des canuts sont connues :

« Vous savez combien les timides sont nombreux parmi nous. La timidité, vous ne le savez que trop, est le type du canut. Nulle autre profession n’est si peu ouverte que la nôtre. C’est notre vie sédentaire… que ne dis-je plutôt casanière, qui influe ainsi sur notre moral. Il est étiolé, comme notre physique. Il faut, pour remédier à ce double étiolement, créer à notre profession, un esprit de corps. Pour y parvenir il n’y a qu’une seule route : c’est l’association. […] » (1)

Intérieur d’atelier de canut, peinture à l’huile sur carton, 19e, Musées Gadagne (c) : http://www.gadagne.musees.lyon.fr/index.php/histoire_fr/Histoire/Musee-d-histoire-de-Lyon

Gabriel et sa femme ont sans doute scandé à qui voulait l’entendre « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ». Et pourtant,  juste avant que les révoltes des canuts inspirent l’idée d’une révolution, avant même que la pression sociale ne soit à son paroxysme, Gabriel s’est extrait de sa condition grâce à sa femme. Il se trouve en effet qu’à la rue Bourchanin, vivent une grande-tante de Marie Pierrette et son époux, Jean Claude Page, vinaigrier qui possède une échoppe place de l’Hôpital. Dans les recensements annuels de Lyon, je suis amusé de constater qu’à l’adresse de son commerce, il est bien dénommé « débitant d’eau de vie » mais à son adresse personnelle, il se dit « écrivain ». C’est ce même Jean Claude Page qui, entre 1829 et 1830, va permettre à son neveu par alliance de ne plus être ouvrier de la soie, en lui cédant son commerce place de l’Hôpital. Une aubaine pour Gabriel qui devient alors « revendeur vinaigrier ».

En ce jour d’automne 1834, donc, je remonterai la rue Bourchanin vers l’Hôtel-Dieu avec lenteur, appréciant chaque détail qui s’offre à moi. Je dévisagerai chaque passant afin de confirmer ou non si les liens du sang inspirent une quelconque reconnaissance. Évidemment, sans trop  de succès. Puis, la place de l’Hôpital s’ouvrirait devant mes yeux. J’ai, dans mon esprit, la configuration actuelle de cette place. Je sais exactement où se trouve l’échoppe de Gabriel ayant moi-même bu quelques verres sur la terrasse de l’actuelle café-restaurant. Quelle devanture ! Je m’arrêterai sûrement quelques instants au loin dans le but de photographier au mieux la vitrine du commerce de Gabriel derrière laquelle j’aperçois l’ombre d’un petit homme s’affairant avec énergie. La situation est plus qu’étrange.

En 1834, mon ancêtre Jean Claude, fils aîné de Gabriel, est déjà ouvrier bijoutier. J’ai l’impression de voir des membres de ma famille partout sur cette place. À chaque regard, à chaque passant, le sentiment de croiser une partie de mon sang. Jean Claude fréquente-t-il déjà sa future épouse, Jeanne Antoinette Dubessy ? Elle habite dans le quartier et son père, chapelier et voyageur de commerce, est un fervent républicain.

Dans le vacarme d’une place très bruyante, je passerai sans doute timidement la porte de l’échoppe Poizat Comment pourrais-je me présenter, comment même pourrais-je justifier ma présence ici aujourd’hui ? « Je crois savoir que c’est votre anniversaire, mon cher monsieur » : ridicule comme entrée en matière. Pourquoi le vouvoierai-je en plus ? Forcément, Gabriel ne va pas tarder à venir me demander de quoi j’ai besoin. De simplement discuter, si seulement il savait. Se doute-t-il un instant que d’ici quelques générations, la lignée Poizat s’arrêtera en Algérie ? La tête tournante, je ressortirai sans doute du petit commerce avec un coeur jouant du tambour. Le temps n’a pas besoin qu’on en dévoile les tenants et les aboutissants. Les mains sur les genoux, presqu’accroupi, je vivrai mes derniers instants dans un Lyon qui n’est plus avec émotion et un vrai sentiment de privilège. Dans une gentille tape à l’épaule, mes oreilles entendraient « Tout va bien mon gars ? » C’est finalement Gabriel qui entamerait la conversation…


Note

(1) RUDE, Fernand, Les révoltes des canuts (1831-1834), Paris, Éd. La Découverte, 2007 (rééd.), 2007, p.15

Voici quelques temps que je réfléchis à écrire un petit billet sur mes ancêtres lyonnais. Sans vraiment savoir par quelle branche commencer. Lorsque j’ai commencé ma généalogie maternelle, la seule information que j’avais à disposition est que nous venions d’Algérie. De l’Algérie coloniale. Très vite, j’ai défriché les diverses branches de mon ascendance, trouvant des racines espagnoles, suisses, allemandes… et bien entendu françaises. Parmi lesquelles donc, des racines issues de Lyon et sa région. À l’époque, ça m’avait interpellé car j’habitais justement Lyon, qui est devenue comme ma ville de cœur et que j’affectionne particulièrement. Puis, dans la précipitation qui accompagne les premières découvertes, j’avais laissé un peu de côté cette branche, à l’époque les archives en ligne n’étant d’ailleurs pas aussi fournies qu’aujourd’hui.

Récemment, j’ai décidé de m’y replonger et de creuser un peu mes racines et avec succès car j’ai débloqué de nombreuses branches et suis remonté en lignée directe relativement haut, entre le début du XVIIe siècle pour certaines, et même milieu du XVIe pour d’autres. Bien entendu, les recherches sont très loin d’être terminées puisqu’il me reste toutes les lignées collatérales, toutes les sources complémentaires de l’état civil et des registres paroissiaux à explorer. Mais peu importe, ces découvertes récentes m’ont donné envie d’écrire, et c’est bien là l’essentiel.

Un point de départ : l’Algérie

1868. L’histoire commence à Mascara, petite ville oranaise de l’Algérie coloniale où se marient Joseph Claude Poizat, né le 4 mai 1844 à Lyon et Louise Henriette Guillod, une Suissesse native d’Yverdon (aujourd’hui Yverdon-les-Bains), dans le canton de Vaud. Joseph Claude est désigné comme étant employé aux Ponts et Chaussées. En effectuant une recherche dans la base des registres matricules militaires de l’Algérie coloniale, je retrouve son recrutement miltaire : j’y apprends qu’il est domicilié à Mascara, qu’il sait lire et écrire, qu’il exerce la profession de jardinier, qu’il appartient au 2e régiment de Zouaves mais aussi, et surtout, qu’il s’est engagé volontairement dans l’armée et qu’il appartient de fait à la classe de 1861. Il s’est donc engagé à 17 ans.

Une migration familiale ?

Natif de Lyon, la question est de savoir quand est-ce que Joseph Claude rejoint l’Algérie. Son acte de mariage nous éclaire quant à sa situation familiale. Son père, Jean Claude Poizat, bijoutier, est décédé à Lyon le 9 mars 1848. Sa mère, Jeanne Antoinette Dubessy est, elle, également décédée mais à Mascara le 27 juin 1852. À cette date, Joseph Claude n’a que 8 ans : est-ce qu’il est déjà avec sa mère en Algérie ? Rien ne nous l’indique mais il est fort probable que oui. Je sais par ailleurs que Joseph a une soeur aînée, Jacqueline Gabrielle, née en 1839 à Lyon mais pour laquelle je n’ai aucune information. Je suppose qu’après le décès de Jean Claude, la mère et ses deux enfants sont partis en Algérie.

Une migration politique ?

Là encore, assez peu d’éléments en ma possession. C’est en faisant le parallèle de toutes les dates que l’idée me vient en tête. Jean Claude est décédé en 1848, année de la révolution et de la proclamation de la Seconde République. Grâce à l’acte de décès de Jeanne Antoinette, je sais que la famille migre entre 1848 et 1852. Or, suite au coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte en décembre 1851, de nombreux opposants politiques au régime impérial sont envoyés dans les colonies et notamment en Algérie. Pour autant, je ne trouve aucune trace ni d’éventuels Poizat, ni d’éventuels Dubessy dans les listes officielles des inculpés de juin 1848 ni dans celles concernant les poursuivis à la suite du coup d’Etat de 1851.

Toutefois, grâce à la numérisation d’une partie de la presse lyonnaise, il m’est possible de savoir que le père de Jeanne Antoinette, Michel Dubessy (1789-1840) appartient au camp des Républicains et contribue, en juin 1833, à la souscription organisée par le journal populaire La Glaneuse, traîné en justice pour des raisons politiques. Cela me laisse présager des opinions familiales Poizat-Dubessy, avec toute la réserve qui est de mise.

La lignée Poizat

Revenons désormais sur la lignée Poizat. Joseph Claude, comme son père Jean Claude (1815-1848) et comme son grand-père Gabriel (1794-après 1847), sont tous trois natifs de Lyon, plus précisément du 2e arrondissement, très commerçant et populaire à l’époque. Jean Claude exerce sa vie durant le métier de bijoutier alors que son père, lui, était ouvrier et fabricant d’étoffes de soie, avant de devenir marchand de vin et revendeur d’eau de vie. Jusqu’en 1847, je retrouve Gabriel Poizat dans les recensements de population de la ville de Lyon, domicilié au 6 de la rue Bourgchanin (aujourd’hui rue Bellecordière). C’est grâce à ces archives que je connais les différentes activités de Gabriel. Grâce à eux également, je sais qu’il ne déclare avoir qu’un enfant : or, Jean Claude avait un frère, né en 1818, Claude François (ça ne s’invente pas !) : tout laisse à penser donc que ce dernier est décédé. Devenu marchand, est-ce pour cette raison que je ne retrouve pas le décès de Gabriel dans les tables décennales de Lyon ? Pour l’heure en tout cas, je n’en sais pas plus.

Avant Lyon

Pour savoir d’où sont originaires les Poizat, il convient de se pencher sur les parents de Gabriel, Jean Etienne Poizat (1758-1814) et Marguerite Champagnon (1754-1838). S’ils se marient en effet à Lyon à la veille de la Révolution, en 1787, Jean Etienne est natif de Chaponost, à l’ouest de la capitale rhodanienne. Il exerce par ailleurs le métier de maître cordonnier. Ses parents, Jacques Poizat et Julienne Berthaud s’y marient en 1741. Jacques, maître tailleur d’habits, y décède d’ailleurs en 1784. Dans les registres paroissiaux mentionnant leur mariage justement, nous apprenons que Jacques est natif de la paroisse de Pollionnay, à quelques kilomètres au nord-ouest de Chaponost. Les parents de Jacques, Etienne Poizat et Florie Berthaud se sont bien mariés à Pollionnay en 1707 mais, fait paradoxal, si je retrouve pas moins de 11 enfants du couple, je ne retrouve pas la mention du baptême de Jacques dans les registres paroissiaux de la commune de Pollionnay. Il va falloir que je m’arme de patience et que je reprenne la lecture des registres.

Pollionnay, lieu d’origine des Poizat ?

À Pollionnay, il est possible de consulter les registres paroissiaux à partir de de 1661. Grâce au mariage retrouvé d’Etienne Poizat et de sa femme en 1707, je connais les parents de ce dernier : Benoît Poizat et Etiennette Platet : je retrouve même le mariage de ces derniers à Pollionnay en 1672. Malheureusement, l’acte n’est pas filiatif. Toutefois, je constate qu’il existe plusieurs familles Poizat à Pollionnay toutes dotées d’un sobriquet comme il est d’usage dans beaucoup de communes de France. Les miens s’appellent Poizat dit Marna(z) et je retrouve des Poizat dit La Grange ou encore des Poizat dit Tiuillot (Tuyau?) et même un Poizat dit Milant.

Néanmoins, en épluchant les registres paroissiaux à partir de 1672, je n’arrive pas à mettre la main sur le baptême de leur fils Etienne. Une fois n’est pas coutume ! Ce qui m’interpelle pour le coup, c’est que la première naissance issue du couple, je la trouve en 1676 soit 4 ans après leur mariage. L’acte de baptême mentionne qu’ils habitent « la Rapeaudière » qui se situe bien, sauf erreur de ma part, dans la commune de Pollionnay. Je trouve ensuite une deuxième naissance en 1684, puis une troisième en 1691 : autant vous dire qu’un tel écart entre les naissances est très suspect et il y a fort à parier que la famille soit mobile.

Pour preuve, au hasard des registres, je trouve la mention d’un Pierre Poysat (oui, Poizat s’écrit à l’époque avec un Y) dit Marna(z), maréchal à Grézieu-la-Varenne, petit village qui jouxte Pollionnay au sud-est. Un rapide coup d’oeil aux registres paroissiaux de cette dernière commune m’indique qu’il y a bien des Poysat dit Marna(z) qui habitent la paroisse mais aucune trace de ceux qui m’intéressent. Loin d’être terminées, les recherches liées aux collatéraux de mes ancêtres m’en diront peut-être plus sur l’origine des Poizat. De longues heures de recherche m’attendent encore.

Synthèse de la lignée Poizat

n°58

Joseph Claude POIZAT

(1844-après 1901)

(x 1868)

n°116 Jean-Claude POIZAT

(1815-1848)

(x 1838)

n°232 Gabriel POIZAT

(1794-après 1847)

(x 1814)

n°464 Jean Etienne POIZAT

(1758-1814)

(x 1787)

n°928 Jacques POIZAT

( -1784)

(x 1741)

n°1 856 Etienne POIZAT

(x 1707)

n°3 712 Benoît POIZAT

(x 1672)

Petit complément : l’origine du nom

À défaut de connaître le lieu exact d’origine des Poizat, le patronyme est un toponyme lié au sens de petit puits (du franco-provençal pwè, pòei, puits, du latin puteus). D’après GABION, Robert, Dictionnaire des noms de familles de Savoie, Haute-Savoie, canton de Genève (partie), Montmélian, La Fontaine de Siloé, 2011, p.780.

Sites d’archives

Archives départementales du Rhône

Archives municipales de Lyon

Archives nationales d’Outre-Mer – Etat civil colonial de l’Algérie