C comme comment on démarre sa généalogie ?

Voilà, enfin une question qui a du sens. Comment on démarre sa généalogie ? Je vous sens impatient-e de connaître les rouages de ma passion. Calmez-vous !

En général, c’est au détour d’une conversation en famille qu’on s’interroge sur nos racines et sur un éventuel travail de recherche. Des fois, ça arrive au hasard du quotidien je ne sais pas, une émission télé, un article de journal, un mec qui se casse la gueule devant vous… non, oubliez le dernier exemple.

Allez, quatre conseils pour bien démarrer sa généalogie.

  • Rassemblez ce que vous pouvez rassembler

Bah oui, ça paraît évident, avant d’aller embêter le ou la secrétaire de mairie de votre ville ou de votre village d’origine avec votre fougue de généalogiste débutant, commencez par interroger les gens autour de vous. Parents, cousins, grands-parents… Ne soûlez pas votre entourage non plus, posez des questions simples juste histoire de cerner d’où vous venez à peu près, de quelle zone géographique. Souvent, on a quand même une petite idée à moins que vous découvrez à ce moment que vous avez une famille, auquel cas… c’est un autre sujet.

Rassemblez dans un deuxième temps des documents : un très bon point de départ peut être un livret de famille. En général, jusqu’aux grands-parents, on maîtrise son sujet, ensuite ça devient plus compliqué alors priez pour que votre famille proche ou un peu plus éloignée (celle que vous ne voyez qu’à Noël ou… de manière plus glauque, aux enterrements) ait conservé des souvenirs tangibles, pour l’heure n’obligez pas tata Sonia à rentrer dans le détail de vos cousins tunisiens. Chaque chose en son temps.

  • Internet, votre meilleur pote !

Et oui, Internet est désormais l’outil incontournable de tout généalogiste. Alors oui, certains vous expliqueront qu’un généalogiste qui ne va pas aux archives et qui ne perd pas cinq dixièmes à chaque œil devant des microfilms d’un autre âge n’est pas vraiment un généalogiste. Certes, Internet ne fait pas tout, certes il ne faut pas s’en contenter, mais ça reste quand même l’outil de base essentiel car désormais beaucoup de fonds archivistiques se trouvent en ligne !

Pour débuter une généalogie, on s’intéressera surtout à l’état civil, histoire de remonter les lignées familiales de manière relativement simple. Si vous arrivez à remonter jusqu’à la Révolution (quelle année, quelle année ?), ce sera ensuite dans les registres paroissiaux qu’il faudra vous tourner.

Prenez le temps, remonter les générations c’est bien, mais essayer de reconstituer les fratries de vos ancêtres, c’est mieux. Sans forcément entrer dans le détail tout de suite mais prenez le temps de lire les actes, prenez garde aux homonymes, vérifiez bien vos sources.

En parlant de sources justement, je vous vois venir : Généanet, Ancestry, Famicity… Oui oui, tous ces sites fabuleux qui proposent aux inscrits de publier leurs généalogies, c’est très bien et ça peut même vous aider à débloquer des situations dans votre propre arbre. Par exemple, un grand oncle dont vous n’avez retrouvé que l’acte de naissance en 1855 dans la commune familiale : surprise, vous vous rendez compte qu’il est parti et a fondé une famille à 300 kilomètres de là. Sans ironie, ces sites sont vraiment utiles et proposent d’ailleurs des fonds d’archives à consulter et autres bases de données, (souvent accessibles avec un abonnement premium, donc payant) tous plus intéressants les uns que les autres.

Mais, il y a un mais, vérifiez toujours les sources. C’est facile de publier une généalogie, mais c’est encore plus facile d’inventer ou de manier la réalité des faits. Alors avant de vous dire descendant de tel ou tel prince ou écrivain, ou chanteuse, ou de je ne sais pas qui, vérifiez !

Internet, c’est donc trois choses : une base de données quasiment infinies où figurent des millions et des millions de documents via différentes plateformes et organisations (presse ancienne, livres, archives…) – je ne peux pas ici ne pas citer Gallica ; un espace collaboratif et d’échanges (à travers les sites de généalogies spécialisés mais aussi à travers les réseaux sociaux) ; bref, Internet c’est formidable mais c’est un moyen, pas une fin en soi.

  • Organisation, je sais c’est chiant mais organisation quand même

Faites une pause maintenant au pire si vous appréhendez la suite, une cigarette, un café, une douche ? Non ? Donc, troisième conseil pour débuter sa généalogie : l’organisation. Soyez méthodiques mes ami-e-s, ne partez pas bille en tête avec un crayon et un papier en vous disant : aujourd’hui, je boucle ma généalogie. Enfin, faites-le si vous voulez mais à vos risques et périls.

Il ne s’agit pas pour autant d’être Joe la Malice hein, mais la généalogie c’est exponentiel : nous avons deux parents (que vous connaissez sûrement), quatre grands-parents, huit arrière grands-parents… Au-delà, si vous arrivez à tout retenir de tête et à mener des recherches sur tous les fronts sans organisation particulière : appelez-moi, ça m’intéresse.

Voilà, investissez dans un stylo Bic, un cahier de recherches (je n’en ai pas moi-même mais c’est bien connu, les conseilleurs ne sont pas les payeurs), ou ce qui vous semble le plus propice et organisez-vous à votre façon. Le but n’étant pas de se dire organisé, mais de simplement ne pas perdre son temps à effectuer trois fois les mêmes recherches à trois mois d’intervalle (vous sentez le vécu là ? Proust, sors de ce corps !) Allez, j’en remets une couche dans quelques jours avec la lettre… je garde le suspens mais vous connaissez la première lettre d’Organisation…

  • Plaisir, là c’est agréable et ça doit même être le leitmotiv de votre nouvelle passion

Comme dirait Herbert Léonard, « pour le plaisir… ! » Non mais c’est vrai, sans plaisir, ça ne sert à rien de faire quoi que ce soit. Si vous avez envie de faire des recherches et que vous kiffez ce que vous êtes en train de faire, d’une manière ou d’une autre, vous y trouverez votre compte et c’est là l’essentiel !

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10 commentaires

  1. Un parfait résumé de mes débuts: “Prenez le temps, remonter les générations c’est bien, mais essayer de reconstituer les fratries de vos ancêtres, c’est mieux. Sans forcément entrer dans le détail tout de suite mais prenez le temps de lire les actes, prenez garde aux homonymes, vérifiez bien vos sources.”
    Prendre son temps, ne pas oubliez les fratries, vérifier les sources!! Bravo!

  2. J’avoue : j’ai profité d’un enterrement pour demander des infos à des membres de la famille que je ne vois jamais. Mais dans ce cas-là il faut savoir choisir son moment; ce qui n’est pas toujours facile…

    1. Je ne trouve pas toujours les enterrements tristes (enfin si bien sûr) mais ces rassemblements sont l’occasion de rencontres fructueuses bien plus que je n’aurais imaginé. Il y a même des cousins qui s’intéressent à la généalogie ! En tout cas, il faut interviewer les plus âgés sans attendre.
      Encore un billet sympa, Bravo Guillaume !

  3. Guillaume, vous etes en super-forme a nouveau cette annee! “ne pas perdre son temps à effectuer trois fois les mêmes recherches à trois mois d’intervalle” et bien je me retrouve souvent a faire ce genre de chose, mais a chaque fois, c’est parce que j’ai deniche d’autres informations et fait des recoupements parmi celles que j’avais deja. La re-re- lecture des registres me permet alors d’etendre une branche, d’ajouter des oncles et tantes, cousins et cousines…. ce qui n’est pas du temps perdu. Et c’est la qu’Internet est si puissant, car on peut retourner voir le meme registre maintes fois si necessaire pour y faire de nouvelles trouvailles. Cela m’est arrive cette semaine en reprenant une branche dans le Pas-de-Calais.

    1. Bonjour Annick et d’abord merci pour votre fidélité et vos gentils commentaires à chacun de vos passages. Alors attention, quand je déplore le fait de refaire les mêmes recherches, je sous-entends par là qu’il s’agit de recherches identiques pour trouver les mêmes informations (par exemple une date de naissance qu’on a oublié car pas notée) : revenir à un acte poru tenter d’y déceler de nouveaux indices ne constitue pas une recherche identique pour moi, bien au contraire ! Vous avez donc tout à fait raison de me le faire préciser !
      A bientôt,
      Guillaume

  4. C’est tout à fait autre chose que l’an dernier mais ça y est, Guillaume, je suis entré dans ton challenge et je crois que je ne vais pas le lâcher du mois de juin. Sa tonalité me plait vraiment bien ! Que du vécu bien vu !

    1. Merci Raymond pour le commentaire : je voulais vraiment sortir des sentiers battus et proposer un Challenge décalé. Pour l’instant la sauce prend et j’en suis content car j’ai vraiment pris du plaisir à l’écrire. Je vais quand même, au fil des lettres, faire de la généalogie, tu connais le dicton : chasse le naturel… il revient au galop !

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